Au bureau de poste, tout le monde faisait la queue, dont l'anonyme de service. Grosso modo se trouvaient six personnes devant moi. En attendant, je papotais avec une black qui s'impatientait.
Elle était empêtrée avec un ptit bouchon de marmot qu'arrêtait pas de lui tourner entre les jambes. En même temps qu'elle le tranquillisait, elle gardait l’œil sur une poussette, garée en fond de file, dans laquelle un autre bambin allongé suçait son doudou en toute quiétude.
Un ventilateur plafonnier soufflait juste au-dessus de nos têtes. J'osais la plaisanterie en lui disant quelle chance elle possédait que ses cheveux ne bougeaient pas, tandis que j'étais en permanence à me recoiffer. Elle était juste devant moi, et me rendit un beau sourire en ajoutant qu'au tour d'après je serais moins emmerdé après l'avance de quelques pas.
Quinze minutes plus tard, ce fût son tour.
Putain. Juste à ce moment-là, un type venu de derrière, avec plein de colis sous les bras, lui baise la place !
Nom de dieu ! Pffff... J'ai respiré profondément deux trois fois.
Heureusement, j'entendais Rimpoché me parler : "si tu ne pardonnes pas aux autres, tu sentiras toute la douleur emprisonnée en toi. Tu peux changer, si tu pardonnes..."
Merde de merde !
Lentement... Doucement... J'ai murmuré au salopard qui nous avait grillé : " Je te pardonne enculé !"